Décisions

D

Ces quelques minutes d’étirement sur de la musique de Lakshminarayana Subramaniam, ça m’a fait beaucoup de bien. Je voulais le faire depuis des années. Voilà, c’est fait.

Je viens de me replonger dans « ce roman ». Et alors je comprends enfin à quel point je peux être influençable, fragile, rempli de doutes. Qu’une critique émerge et porte en elle quelque pertinence, et c’est tout l’édifice qui s’effondre.
Des personnes à qui j’ai transmis quelques chapitres, j’ai reçu trois retours et du silence. Je n’aurais en fait jamais dû les partager, on ne partage pas un travail en cours, ou alors uniquement si on peut rencontrer la personne pour l’interroger.
Je passe sur les silences, ils alimentent les doutes et ont sapé ma confiance en moi. Ce doit être bien nul, pour n’ose pas me dire ce que l’on en pense…
Un premier retour portait sur l’emploi des passés simples. J’ai répondu que c’était volontaire de ma part, mais le doute s’est insinué. Un deuxième retour portait sur le style, « trop littéraire », très différent du style plus direct du blog. Là aussi, le doute s’est insinué. Un troisième retour a été plus encourageant mais une phrase a insinué du doute elle aussi.
Non, je n’aurais pas dû. Pas dû solliciter mes amis et connaissances.
Ce ne sont pas les autres, les responsables, c’est que ce n’était pas la bonne façon. Le résultat est que ce récit ultra ambitieux (oui) est devenu un « projet », un serpent qui se mort la queue et que toute la passion que j’y avait mise – il y a quand même près de 200 pages – s’est évanouie dans une succession de corrections, de corrections de corrections et de corrections de corrections de corrections, étendant le doute jusqu’à mes propos capacités à écrire.

Il n’y a pas que ce roman qui a souffert de doute. Chaque fois que j’ai commencé à aller à la gym, on m’a donné des conseils, celui de faire ceci, celui de faire cela. Ces conseils, certainement tous bien intentionnés – tout comme ceux concernant mon roman-, ont abouti à me faire perdre de vue ce que moi-même je voulais, ce qui me faisait plaisir à moi. Et progressivement, mon investissement a faibli. L’une me déconseille d’utiliser des machines, l’autre me déconseille de faire du cardio et à la fin je me retrouve cantonné à n’aller qu’à la piscine car « c’est bon ».

Je me suis inscrit à un club de sport, récemment. Je n’en ai parlé à personne pour éviter les conseils, et en réalité, finalement, je peux maintenant le dire, je me fiche de ce qu’on va me conseiller. J’y vais pour moi, et si je dois recevoir des conseils, ce sera de membres de mon club de sport.
Pour le moment, je me suis contenté de faire du cardio, environ vingt à trente minutes à 6,7 km/h sur une pense à 1,5. De la marche rapide, donc. Si ça ne vous plait pas, si quelqu’un pense que c’est vraiment ridicule, c’est le même prix. Ce que je pense, moi, c’est que dans deux ou trois semaines, je pourrai courir.
Une fois mes 20/30 minutes terminées, je passe à l’elliptique pour une bonne vingtaine de minutes, avec une résistance à 15 et à environ 9 km/h. L’elliptique, c’est un peu comme le cardio, c’est un truc de fillettes, c’est un truc que des gens achètent sur QVC, « ça muscle partout ». Moi, mon but, c’est de réveiller mon corps, tout simplement.
Après chaque séance, je mange des protéines. Et quand je m’entraine, j’écoute de la disco des années 70. Mac Arthur Park chanté par Donna Summer, la version Maxi originale de 1979 (pas celle du CD réédité avec les cordes pourries ajoutées au début du 3ème morceau), c’est top, pour le cardio. Et la face B du maxi Supernature de Cerrone, c’est parfait pour l’elliptique. Je rajoute deux trois morceaux pour arriver à 50 minutes, mais ces deux là sont incontournables pour le moment.
Je n’y suis allé que quelques fois mais je sens les muscles dans mon corps sous la graisse qui les cache, ça faisait longtemps.
Hier soir, j’ai fait des étirements après mes 50 minutes d’exercice. Je les ai faits en écoutant de la musique indienne, et je pense que je vais un de ces jours utiliser l’espace d’étirement pour faire un peu de « gymnastique naturelle ». C’est un truc que j’aimais faire il y a très longtemps. Le principe est d’être debout, de garder le dos droit et de faire des mouvements lents, généralement sur une seule jambe, en travaillant l’équilibre. C’est Maria qui m’avait montré quelques mouvements de yoga simples, avec toujours ce principe, le dos droit, sauf quand on travaille l’enroulement de la colonne vertébrale. Ces quelques minutes d’étirement sur de la musique de Lakshminarayana Subramaniam, ça m’a fait beaucoup de bien. Je voulais le faire depuis des années. Voilà, c’est fait.

Ce matin, je suis revenu au premier chapitre du roman, la version la moins ancienne, au présent, j’ai refait des correction. Et j’ai trouvé ça nul. Ce n’est pas ce que je voulais écrire. Je voulais écrire au passé, utiliser le passé simple pour des raisons très précises, et là, je ne voyais plus du tout ce climat que je voulais installer. J’ai eu l’impression de lire du mauvais Despentes, le genre de truc qui balance quand tu le lis mais dont il ne reste rien une fois le livre refermé.
Je dois donc retourner à la source, au premier jet, celui d’il y a plus de 10 ans, celui qui n’est pas travaillé, et c’est à partir de là que je vais reprendre.

La leçon que je retiens, c’est que le plus important, quand on se lance dans une aventure dans laquelle on ne se sens pas être « légitime » (je hais le sport, je n’ai encore jamais écrit de roman tout en ayant sur le sujet des idées très arrêtées), c’est de ne pas trop se confier car au final, on peut se retrouvé écrasé par le poids des conseils et des critiques. Il est donc plus important de terminer. En tout cas pour moi. Ça n’empêche pas d’en parler, mais ce qui compte est de faire ce que l’on a à faire.

Ce soir, je vais nager. Et après avoir poster ce billet, je vais exhumer les anciennes versions.
Et puis, l’idée a germé il y a quelques temps, je vais relire Balzac. J’ai un ami très cher qui « relit » Proust. Ça m’a toujours épaté, ça me laisse admiratif. Mais j’avoue que ça me plait bien, pouvoir écrire que je vais « relire Balzac ».

Commentaires

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  • C’est super important le passé simple pour moi à l’écrit, et le côté littéraire qui s’en dégage fait partie du charme et de l’utilité du procédé. Go passé simple !!!! 😉

  • décision · . Action de décider après délibération ; acte par lequel une autorité prend parti après examen :… voilà

  • Je me joins volontiers à la team passé simple !
    Et pour l’activité physique, le meilleur exercice, c’est celui que tu fais (et que tu pourras poursuivre dans la durée, sans que ça te semble une contrainte).
    Sur ce, je retourne aux derniers préparatifs du voyage au Japon (en attendant le résultat des PCRs, et en espérant que la grève d’Air France ne nous impacte pas trop).

  • Le mien est terminé (650 pages). J’ai fait lire le 1e jet à 2 amies. L’acceuil est carrément dythirambique. J’en suis néanmoins toujours en parti insatisfait, le doute toujours et malgré tout. J’ai attaqué la 4e relecture, la dernière avant de proposer mon manuscrit. Tu as raison de revenir aux sources et à ce que tu avais en tête aux origines. Par contre, relire Balzac est ce une bonne chose ? Je me suis interdit durant les un an et demi qu’à duré l’aventure de relire Mann, Hesse ou Wiechert. Par contre j’ai lu Fallalda et je me suis dit que mon travail était meilleur que je le pensais… Et si tu réalisais Des pentes, plutôt que Balzac ?

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